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Un peu après son sacre (en l'an
800) Charlemagne en voyage, s'arrêta un soir de carême chez un pauvre
évêque, l'abbé de Vabres. C'était dans le Rouergue, non loin de Roquefort.
Le prélat ne put rien offrir d'autre à l'empereur qu'une galette et
un peu de fromage local, taché de vert. L'empereur entreprit aussitôt,
avec la pointe de son couteau, d'ôter soigneusement les parties vertes.
En 1411, Charles VI accorda le
monopole de l'affinage de leur fromage aux habitants du village aveyronnais
de Roquefort-sur-Soulzon. Vers 1850, en ensemençant du caillé avec des miettes de pain de seigle moisi, un paysan de la région de Laqueuille, du nom de Roussel, relança la production des bleus. Au début de la seconde guerre mondiale, pour remplacer le gorgonzola que les Italiens n'exportaient plus, est né le saingorlon. Ce fromage de 6 à 12 kg est à l'origine du bleu de Bresse. Aujourd'hui, on dénombre en France environ une quinzaine de "bleus" dont six AOC, appellations d'origine contrôlée. Ils proviennent de régions traditionnellement pauvres et montagneuses : Auvergne, Savoie, Jura, Corse. Tous bleus confondus, la France en a produit 36 749 tonnes en 2004, à base de lait de vache. La production la plus importante est celle de la fourme d'Ambert ou de Montbrison, suivie du bleu d'Auvergne. Une production en huasse par rapport à 2003. A ces tonnages, il faut ajouter ceux du roquefort (à base de lait de brebis), soit 21 249 tonnes. A l'étranger, les bleus sont également appréciés. Particulièrement le cabrales en Espagne, le danablu au Danemark, l'edelpizkäse en Allemagne, le gammelost en Norvège, le gorgonzola en Italie, le stilton, le blue cheshire, le blue cheddar en Grande-Bretagne. Il existe de nombreuses imitations anglaises et américaines des bleus français.
© cniel mai 2006 |