Le
lait ? Non ! Les laits !
En France, la production laitière mobilise 103 000 exploitations
et sa transformation industrielle
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Un peu d'anatomie
Animaux dociles dont la mamelle
se prête à la traite, les mammifères femelles ruminants herbivores
ont un estomac particulier. Ils transforment des végétaux sans grande
valeur nutritive pour l'homme en éléments utilisables par leur organisme.
L'estomac de la vache comprend en effet quatre compartiments :
le rumen (ou panse), le feuillet, le réseau et la caillette.
D'un poids moyen
de 600 kg environ, une vache laitière absorbe 80 à 100 litres
d'eau (mais 50 litres lorsqu'elle n'est pas en période de lactation)
et 60 à 80 kg de nourriture par jour.
Elle passe 8 heures par jour à s'alimenter, entrecoupées de
pauses de rumination qui, additionnées, lui prennent 9 à 12
heures. |
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Théoriquement, lorsqu'elle arrive à maturité sexuelle,
(entre neuf et douze mois, selon les espèces), la génisse est apte
à être fécondée. Mais, on attend généralement deux ans pour la première
gestation. Après le vêlage, la lactation dure dix mois.
Elle est entretenue par la tétée du veau ou la traite. Elle connaît
un pic à la septième semaine, puis diminue progressivement. Selon
les races, elle peut atteindre à certaines périodes plus de 30 litres
par jour.
La production d'une bonne vache laitière varie entre 4.000 et 7.000
litres de lait par lactation. Mais, dans certains troupeaux, on observe
des performances individuelles dépassant les 10.000 litres.
Sécrété par l'animal, pour parvenir
sur notre table, le lait connaît plusieurs étapes :
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La
traite
Très contraignante, elle doit
s'effectuer matin et soir, tous les jours de l'année. En 1915,
l'invention de la machine à traire a soulagé les éleveurs d'un
travail fatigant.
Aujourd'hui, la traite à
la main est devenue marginale dans les pays développés.
Le lait est réfrigéré dans un tank à lait juste après la traite,
avant d'être pompé par le camion-citerne de la laiterie liée
par contrat au producteur. |
En France, depuis la loi Godefroy (1969)
le lait lui est payé selon plusieurs critères : qualité bactériologique
(établie selon le nombre de micro-organismes présents dans 1 ml de
lait), qualité sanitaire (définie selon le nombre de cellules somatiques
dans 1 ml de lait), germes butyriques, lipolyse et recherches d'inhibiteurs
(antibiotiques).
Le taux de matière grasse ( référence = 38 g par litre) et le taux
de matière protéique (référence = 32 g par litre) définissent le "lait
standard" pris en compte pour le paiement du lait aux producteurs.
Le respect de ces normes implique un grand nombre de contrôles au
moins trois fois par mois. Ils sont effectués par 20 laboratoires
interprofessionnels laitiers agréés, répartis dans toute la France.
Il existe globalement trois grandes catégories de lait, A, B, et C,
et une catégorie A' ou super A qui tend à se généraliser dans toutes
les régions. Aujourd'hui, plus de 96% des laits produits en France
sont de catégorie A' ou Super A.

Conditionnement du lait en brique |

Conditionnement du lait en bouteille
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La standardisation
Selon les espèces, le type d'alimentation
et les saisons, la composition du lait est variable.
Le taux de matière grasse peut s'élever de 30 à 70 g par litre
L'écrémeuse-standardisatrice permet d'harmoniser la composition de
laits provenant de différentes exploitations.
En particulier pour faire correspondre le taux de matière grasse à
celui exigé par la législation dans les laits de consommation et les
produits laitiers.
L'homogénéisation
Ce traitement physique par pression
fait éclater les globules de matière grasse en fines particules homogènes.
L'objectif : éviter que la matière grasse ne remonte à la surface,
ne gêne l'écoulement du lait ou ne se dépose sur l'emballage lors
du traitement thermique de conservation.
L'homogénéisation est inutile pour les laits concentrés sucrés, facultative
pour le lait pasteurisé, mais indispensable pour les autres types
de lait.
Le traitement thermique
Très riche en éléments nutritifs, le
lait contient des micro-organismes susceptibles de se développer après
la sortie de la mamelle. Parmi eux, certains sont utiles (ferments
lactiques...), d'autres nuisibles à la qualité. Exceptionnellement,
certains peuvent être pathogènes.
Pour stopper le développement de ces micro-organismes, des traitements
de conservation sont nécessaires. Ils sont physiques et non chimiques.
Ainsi, selon le type de produit
désiré, le lait subit différents traitements :
La pasteurisation
Traitement le plus courant pour la destruction
des germes pathogènes éventuellement présents.
En général, le lait est chauffé à 72°C pendant 15 secondes, puis immédiatement
refroidi.
Parfois, il est nécessaire de le porter à 85°C pendant 20 secondes.
Tout dépend de sa composition.
A la suite de la démonstration
par Louis Pasteur du rôle des micro-organismes dans la fermentation
du lait et de leur sensibilité à la chaleur, Emile Duclaux a mis au
point le traitement thermique destiné à les détruire. Il l'appela
"pasteurisation" en hommage au grand savant.
La stérilisation
Le lait est chauffé à plus de 100°C
afin de détruire tous les micro-organismes susceptibles de s'y développer.
© cniel mai 2006 |